De Mamoru Hosoda avec Riisa Naka, Takuya Ishida, Mitsutaka Itakura, Fumihiko Tachiki, Ayami Kakiuchi, Yuki Sekido, Sachie Hara, Mitsuki Tanimura, Midori Ando, Takayuki Handa, Utawaka Katsura
Animation - Japon - 2006 - VF - 01h44

La traversée du temps

Makoto est une jeune lycéenne comme les autres, un peu garçon manqué, pas trop intéressée par l'école et absolument pas concernée par le temps qui passe ! Jusqu'au jour où elle reçoit un don particulier : celui de pouvoir traverser le temps. Améliorer ses notes, aider des idylles naissantes, manger à répétition ses plats préférés, tout devient alors possible pour Makoto. Mais influer sur le cours des choses est un don parfois bien dangereux, surtout lorsqu'il faut apprendre à vivre sans !

Pendant les vacances de Pâques, retrouvez le cinéma d’animation japonais avec les films de Mamoru Hosoda, dont son dernier, Mirai ma petite soeur, et de Hayao Miyazaki (Le château de Cagliostro). Egalement au programme un documentaire sur Hayao Miyazaki, Never-Ending Man : Hayao Miyazaki.

A la hauteur de ses ambitions, ce film d’animation estampillé MadHouse est une bonne surprise. Avec un humour délicieux et une virtuosité discrète, il réussit à nous emmener loin, tout en profondeur, dans ses volutes chronologiques. Fort d’une idée astucieuse (la possibilité de revenir sur des événements passés pour les modifier), l’ingénieux Hosoda raconte l’itinéraire d’un garçon manqué qui refuse obstinément de grandir, de perdre ses amis, d’arrêter de faire des bêtises ; et découvre le don de franchir les barrières du temps. Toute la première partie montre les conséquences de cette découverte et ce qu’elle provoque. L’avantage pour la jeune héroïne, c’est qu’elle sait tout ce qui va se passer au détail près : elle peut par exemple repasser un examen en connaissant les corrections pour bénéficier d’un 100% de réussite à la grande stupéfaction de ses camarades. Contrairement au personnage de Bill Murray dans Un jour sans fin (Harold Ramis, 93), elle n’a pas un réveil qui joue I got you babe de Sonny & Cher et profite à chaque instant de cette litanie facétieuse. C’est le côté clair de l’histoire. Avec son argument scénaristique qui fonctionne selon l’effet papillon (une réalité que l’on peut réécrire au grand dam de Cronos), ce film démarre sur le mode de la légèreté avant de laisser entrevoir des racines plus sombres. La dernière partie, tragique, côtoie des abîmes mortifères en accentuant les revers d’un don dont il ne faut pas abuser. C’est aussi une manière détournée de montrer le crépuscule d’une quiétude adolescente en soulignant la fin d’une amitié vouée à la précarité et la perte de l’innocence. Si l’animation permet tous les délires, elle rappelle ici sa capacité à travailler des micro-sujets mille fois traités (la mutation d’une période, l’aveu des sentiments, la peur de l’uniformité, les personnages qui se loupent) sans passer par des sentiers initiatiques convenus, en apportant une profondeur et une dimension infiniment plus intéressantes. Le traitement très adulte répond ainsi aux intentions universelles d’un fantasme collectif. Avoir-alire

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