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De Wang Quan'an avec Dulamjav Enkhtaivan, Aorigeletu, Norovsambuu Batmunkh, Gangtemuer Arild, B. Anujin, Silengge, Puribuzhabu, Talinqiqige, Menghesaihan
Comédie Policier - Mongolie - 2019 - VOST - 1h40

La Femme des steppes, le flic et l'oeuf

Une femme nue est retrouvée assassinée dans la steppe mongole. Du jour au lendemain, un jeune policier inexpérimenté doit sécuriser les lieux du crime. Comme il n'est pas au courant des dangers du site, une bergère locale est envoyée pour le protéger et sécuriser les lieux. Cette femme résolue dans la trentaine sait comment manier un fusil et faire fuir les loups. Elle allume un feu contre le froid. L'alcool les aide également à rester au chaud. À son instigation, les deux se rapprochent. Le lendemain matin, ils se sépareront.

Séances supplémentaires la semaine du 30 septembre.

Une intrigue noire dans une steppe blonde. De l’absurde, au milieu de nulle part et en plan large. Le film du Chinois Wang Quan’an (« le Mariage de Tuya ») s’ouvre par une séquence ubuesque : un vieux 4x4 de la police roule, la nuit, dans l’immensité de la plaine, en Mongolie-Extérieure, où galopent des chevaux sauvages et seraient enfouis des œufs de dinosaures. Soudain, les mauvais phares éclairent un cadavre allongé de femme. Après avoir réparé la voiture, tombée en panne, le chef des flics, proche de la retraite, laisse à un novice de 18 ans le soin d’empêcher les loups de dévorer la victime. Il charge ensuite une (vraie) bergère, qui se déplace armée et à chameau, de veiller sur celui qui veille sur le macchabée… Elle fera mieux, et plus, dans la chaleur d’un feu de bois. Quand le jour se lève sur un paysage où le ciel envahit toute l’image (signée du Français Aymerick Pilarski), les policiers viennent chercher le cadavre et l’enquête reprend son cours. Mais elle n’est pas le sujet de ce faux film noir, où même le prétendu criminel semble ne rien comprendre à ce qui se joue ici. C’est autre chose que, dans une lumière et un silence d’avant l’humanité, raconte Wang Quan’an, ce cousin chinois du Turc Nuri Bilge Ceylan : le passage de la vie à la mort, la réincarnation et l’immémoriale sagesse des femmes qui vivent seules sous des yourtes, dans une steppe où la nature est plus forte que la culture. C’est à la fois philosophique et comique, réaliste et abstrait, clair et obscur. C’est beau. L'Obs

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