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Le cinéma regarde la psychanalyse, Rencontre

De Vittorio De Sica avec Sophia Loren, Jean-Paul Belmondo, Raf Vallone, Eleonora Brown, Carlo Ninchi, Andrea Checchi, Pupella Maggio, Emma Baron, Antonella Della Porta, Bruna Cealti, Luciano Pigozzi, Vincenzo Musolino, Renato Salvatori
Drame - Italie/France - 1960 - VOST - 1h40

La Ciociara

Italie, été 1943 : une jeune veuve fuit la capitale pour son village natal de la Ciociara.

Rencontre avec Marie Pesenti-Irrmann, psychanalyste, le 7 février à 20h, animée par Joël Fritschy..

En partenariat avec Espace analytique et l'Association Lacanienne Internationale.

L’un des rôles les plus marquants de la carrière de Sophia Loren. En version restaurée. La Ciociara est une région montagneuse située tout près de Fondi, dans le sud du Latium, à mi-chemin entre Rome et Naples. Cesira, interprétée par Sophia Loren, est originaire de cette région déshéritée, dont elle est parvenue à s’extirper en épousant, sans amour, un commerçant âgé de Rome. Mais nous sommes en 1943 et c’est la guerre. Cesira, désormais veuve, décide, afin d’échapper aux bombardements, de retourner dans la Ciociara avec sa fille Rosetta, une adolescente fragile… Cette adaptation d’un roman d’Alberto Moravia, produite par l’amant et futur mari de Sophia Loren, le grand producteur Carlo Ponti, est entièrement construite à la gloire de l’actrice – qui obtint d’ailleurs le “doublé” dans la foulée (prix d’interprétation à Cannes 1961 et oscar 1962 de la meilleure actrice). Le film, c’est Loren la Napolitaine, soit la descendante directe, en plus glamour, plus gironde, plus fine, plus en phase avec le boom économique que connaît à l’époque l’Italie, d’Anna Magnani la louve romaine. Elle possède en tout cas cette fougue populaire qui plaît au public. A la sortie du film, on reproche à De Sica d’avoir mis de l’eau commerciale dans son vin néoréaliste depuis Le Voleur de bicyclette, Umberto D. ou Miracle à Milan, et d’avoir tourné ce drame avec des stars. Mauvais procès : le cinéaste est d’abord un homme de spectacle, il a toujours reconnu sa dette envers Chaplin et tiré le drame vers le mélodrame. Avec le recul, on peut surtout reprocher à La Ciociara quelques fautes de goût (comme la gênante scène de viol, où les soldats alliés arabes sont littéralement filmés comme des singes en rut) et des scènes convenues sans doute imposées par la coproduction avec la France (le personnage joué par Belmondo reste assez superficiel et théorique). Mais en 1959, le social et le politique font toujours partie des préoccupations de De Sica comme de celles de son scénariste légendaire, Cesare Zavattini, qui parvient toujours, sur le fil, à éviter que le personnage de Cesira ne devienne une sainte et martyre : après tout, elle ne cache pas son admiration pour Mussolini, se montre indifférente au sort d’autrui… Pourtant les deux hommes font toujours corps avec Cesira. Car La Ciociara n’est pas seulement un film sur le sort tragique réservé aux femmes en temps de guerre ; c’est aussi le portrait d’une star de cinéma : que faire, lorsqu’on est si belle et si troublante, du désir des autres ? Les Inrockuptibles

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