/ CINÉ-MA Différence

De NICOLAS VANIER avec François Cluzet, Jean Scandel, Eric Elmosnino, François Berléand, Valérie Karsenti
Comédie Dramatique - France - 2017 - 01h56

L'ECOLE BUISSONNIERE

Paris 1930. Paul n’a toujours eu qu’un seul et même horizon : les hauts murs de l’orphelinat, sévère bâtisse de la banlieue ouvrière parisienne. Confié à une joyeuse dame de la campagne, Célestine et à son mari, Borel, le garde-chasse un peu raide d’un vaste domaine en Sologne, l’enfant des villes, récalcitrant et buté, arrive dans un monde mystérieux et inquiétant, celui d’une région souveraine et sauvage. L’immense forêt, les étangs embrumés, les landes et les champs, tout ici appartient au Comte de la Fresnaye, un veuf taciturne qui vit solitaire dans son manoir. Le Comte tolère les braconniers sur le domaine mais Borel les traque sans relâche et s’acharne sur le plus rusé et insaisissable d’entre eux, Totoche. Au cœur de la féérique Sologne, aux côtés du braconnier, grand amoureux de la nature, Paul va faire l’apprentissage de la vie mais aussi celui de la forêt et de ses secrets. Un secret encore plus lourd pèse sur le domaine, car Paul n’est pas venu là par hasard …

C’est quoi, Ciné-ma différence ? «Pour le plaisir d’aller enfin au cinéma dans sa ville en famille ou avec des amis sans craindre d’être rejetés», c’est ce que propose l’association Ciné-ma différence, parrainée par Sandrine Bonnaire. 

A Mulhouse, ces séances, initiées par Les Papillons Blancs, peuvent exister grâce à la présence de bénévoles issus de l’Institut Supérieur Social de Mulhouse.

Séance suivie d’un goûter offert par Les Papillons Blancs et Pat’à sel.

Tarif : 5 €

Délaissant les contrées enneigées lointaines du Canada où il réalise son premier film Le dernier trappeur en 2004, puis celles de la Sibérie où en 2008 il filme les derniers nomades et les animaux qui les entourent dans Loup pour finalement rejoindre les Alpes françaises qui servent de cadre à l’adaptation de la série mythique des années 60 Belle et Sébastien, Nicolas Vanier installe cette fois sa caméra dans sa Sologne natale, là où son grand-père lui a transmis l’amour et le respect de la nature. Si cette ode à l’enfance et à la nature rebutera tous ceux qui n’y verront qu’un retour nostalgique à une époque heureusement révolue et à des valeurs surannées, elle satisfera pleinement le public sensible aux grands espaces et au respect de la nature et des hommes. Car tout est réuni pour nous plonger dans cette France rurale de l’entre-deux-guerres, où hommes et bêtes vivaient au rythme de la nature et des saisons. Paul, habitué à la rude vie de l’orphelinat, a bien du mal à s’habituer à son nouvel environnement et à sa nouvelle famille. S’il se méfie de Borel, le garde-chasse peu amène et mari de Célestine, il se lie vite d’amitié avec Totoche, le braconnier bougon et vif, qui a plus d’un tour dans son sac et qui lui fait vite goûter aux joies de la pêche, de la chasse et des promenades au grand air. A l’étonnement de tous, il parvient également à éveiller l’intérêt du taciturne comte de Fresnay (impeccablement incarné par François Berléand) qui ne quitte jamais son immense château où il vit retiré depuis la mort de sa fille. L’interprétation est remarquable, de François Cluzet méconnaissable et impayable sous les traits de ce pittoresque marginal à la grande gueule mais au cœur tendre, à Valérie Karsenti toute en générosité, en passant par Eric Elmosnino capable de passer sans encombres de l’humour à la gravité ou le tout jeune Jean Scandel (dont c’est le premier rôle au cinéma), au visage d’ange éclairé d’un regard bleu à la naïveté naturelle qui endosse sans la moindre faille ce personnage de jeune orphelin. Les images de paysages solognots peuplés de renards, de sangliers, de cerfs et autres animaux sauvages nées des talents conjugués de l’aventurier Nicolas Vanier et du documentaliste animalier Laurent Charbonnier éblouissent l’écran de leurs couleurs éclatantes. Le dépaysement fait son effet. Pourtant, cette beauté de carte postale omniprésente ne laisse guère de place au récit et le rythme, toujours plus contemplatif, s’amenuise jusqu’à frôler l’ennui au cœur de cette fresque agricole de presque deux heures. Quelques pistes inabouties de rencontres enfantines ou de liaisons amoureuses insoupçonnées auraient pu impulser d’une favorable énergie cette fable qui se contente de n’être qu’une parenthèse enchantée loin de la fureur du monde, essentiellement dédiée à la sauvegarde de la nature et au retour de certaines valeurs perdues. Avoir-alire

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