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Festival Augenblick - Invitée d'honneur Hanna Schygulla

De Rainer Werner Fassbinder avec Ulli Lommel, Hanna Schygulla, Katrin Schaake, Liz Soellner, Rainer Werner Fassbinder
Drame - Allemagne (RFA) - 1969 - VOST - 1h28

L'Amour est plus froid que la mort

Franz, qui a refusé de rejoindre un groupe criminel, est poursuivi par un gangster répondant au nom de Bruno. Bientôt, les deux hommes deviennent amis et se partagent la même femme, Johanna. Mais celle-ci se lasse rapidement de Bruno et le dénonce à la police alors qu'il s'apprête à braquer une banque.

Le premier long métrage de Fassbinder est dédié à Claude Chabrol, Eric Rohmer et Jean-Marie Straub (qui lui avait fait cadeau d'un beau travelling nocturne dans les rues de Munich). Ce film de gangsters à la fois minimaliste et fétichiste fait pourtant davantage penser à Melville (le personnage d'Ulli Lommel copie Le Samouraï) et, surtout, au Godard d'A bout de souffle et de Made in USA. Mais un Godard sous Tranxène, qui aurait renoncé à ses expérimentations syncopées sur le montage... Le style de L'amour est plus froid que la mort est sec jusqu'à l'aridité. Seule la musique donne un peu de lyrisme aux (très) longs plans aveuglés de lumière blanche, où Fassbinder réalisateur se montre aussi économe de ses mouvements de caméra que Fassbinder acteur de ses gestes. Si le travail sur le cadre est superbe, la maîtrise technique prend souvent le dessus sur l'émotion. Même si tous les grands thèmes fassbinderiens sont déjà présents : l'amitié masculine perturbée par une femme (Hanna Schygulla, rayonnante pour ses débuts à l'écran) ; la méfiance des sentiments considérés comme un instrument de manipulation des êtres ; et la vision masochiste de l'amour... Télérama

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