/ Séance à la demande pour les scolaires

De MICHEL OCELOT avec Doudou Gueye Thiaw, Maimouna N'Diaye, Awa Sene Sarr, Robert Liensol, William Nadylam
Animation - France - 1998 - 01h10

KIRIKOU ET LA SORCIERE

La sorcière Karaba a jeté un terrible sort sur le village : la source est asséchée, les villageois rançonnés, les hommes disparaissent mystérieusement. Mais le minuscule Kirikou, sitôt sorti du ventre de sa mère, veut délivrer le village et découvrir le secret de sa méchanceté.

Un enchantement animé, d'une poésie visuelle rare. Assise dans sa case, une femme africaine entend une voix ferme et décidée sortir de son ventre rond : « Mère, enfante-moi ! – Un enfant qui parle dans le ventre de sa mère s’enfante tout seul », répond calmement la femme. D’entre ses jambes jaillit alors un minuscule bébé, agile et pressé de vivre, qui coupe lui même le cordon ombilical et l’assaille de questions. Où est son père ? « Il a disparu, comme tous les hommes du village », répond la femme. Pourquoi ? « Une sorcière nommée Karaba affame la région. Elle a fait main basse sur les richesses du pays. On dit aussi qu’elle a mangé ses captifs… » A naissance exceptionnelle, destin exceptionnel : ni une ni deux, Kirikou galope vers le domaine de la sorcière pour délivrer les siens… Michel Ocelot, qui s’est inspiré de contes africains, nous livre un dessin animé coloré, drôle et vif. Il donne à cette histoire des résonances intemporelles, en évitant pesanteur et didactisme. Son petit personnage n’a jamais peur, il réfléchit et agit avec plus de sagesse qu’un « grand ». Il incarne bien sûr le courage, la raison, la persévérance… Mais ce message n’est jamais appuyé. Au contraire : le ton est à la légèreté. L’image joue des contrastes, s’amuse à opposer la taille du gamin à celle de ses aînés, puis à l’immensité de la savane. De la même manière, c’est dans le balancement entre la fantaisie de l’aventure et la grandeur éternelle de l’Afrique que ce film trouve son originalité. Avec ses plages d’émotion : avant de retourner au combat, Kirikou se blottit sur les genoux de son grand père devin. C’est tout simple et très beau. Les décors semblent sortis de l’imagination d’un Douanier Rousseau africain. Parfois, le graphisme va jusqu’à la stylisation extrême : quand Kirikou entre dans le terrier d’une famille d’écureuils, l’écran est presque entièrement noir et l’enfant apparaît en ombre chinoise dans un boyau lumineux. Tant de jeux graphiques, de fraîcheur et de sensualité mêlés donnent à ce dessin animé un souffle magique. La sorcière vous ensorcellera ; Kirikou vous enchantera. Télérama

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