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Sortie nationale

De Saim Sadiq avec Ali Junejo, Rasti Farooq, Alina Khan, Sarwat Gilani, Salmaan Peerzada, Sohail Sameer, Sania Saeed
Drame - Pakistan - 2022 - VOST - 2h06

Joyland

Lahore, Haider et son épouse, cohabitent avec la famille de son frère au grand complet. Dans cette maison où chacun vit sous le regard des autres, Haider est prié de trouver un emploi et de devenir père. Le jour où il déniche un petit boulot dans un cabaret, il tombe sous le charme de Biba, danseuse sensuelle et magnétique. Alors que des sentiments naissent, Haider se retrouve écartelé entre les injonctions qui pèsent sur lui et l’irrésistible appel de la liberté.

Prix du jury - Un certain regard Cannes 2022

Joyland est le nom d’un parc d’attractions de Lahore, la deuxième ville du Pakistan, notamment connue pour ses productions de films (Lollywood, c’est là-bas !). C’est aussi un surnom qu’on pourrait donner au cabaret dans lequel Haider va trouver refuge, tant celui-ci semble respirer à nouveau au cœur de ces murs colorés. Pourtant, rien ne le prédestinait un jour à franchir les portes d’un tel établissement, lui qui vit dans le foyer familial, sous la coupe d’un patriarche épuisé de voir son fils ne pas être un « vrai homme », un de ceux qui ramènent de l’argent à la maison, qui égorgent des chèvres et qui font des enfants. Haider, lui, ne travaillait pas, comblé de voir sa femme avoir un job. Mais dans cette société patriarcale, ses convictions passent pour de la fainéantise, voire pire, une faute. Alors, il va faire ce qu’on attend de lui, et devenir le gérant de ce dancing. Enfin, c’est ce qu’il raconte. Car, dans les faits, il a été recruté comme simple danseur. Élégant et gracieux, le premier long métrage de Saim Sadiq, récompensé par le Prix du Jury au Certain Regard du dernier Festival de Cannes, est une histoire d’amour aussi simple qu’éminemment politique. Dans un pays où l’adultère est un crime lorsqu’il est commis par une femme, tout récit en dehors du dogme domestique est un acte militant en soi, d’autant plus lorsqu’il invite à évoquer le sujet ô combien tabou de la transidentité. Pourtant, le film ne tergiverse pas, ose montrer la banalité d’une relation sentimentale qui défie les mœurs locales sans ériger son propos en un pamphlet. Au contraire, ce qui intéresse avant tout le réalisateur, ce sont ses personnages, dressant un portrait sublime d’êtres dont la passion les pousse à agir au-delà des diktats. Dans la pénombre des nuits pakistanaises, lorsque les lumières fastueuses des lieux de festivités s’éteignent, il ne reste plus que les individus, complexes et nuancés, chacun trouvant sa place dans une intrigue millimétrée. Une œuvre à ne pas rater ! Abus de Ciné

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