/ Rencontre

De SANDRA BLONDEL, PASCAL HENNEQUIN
Documentaire - France - 2017 - 01h40

IRRINTZINA, LE CRI DE LA GENERATION CLIMAT

Face au sentiment d'impuissance que provoque l'extrême gravité du dérèglement climatique, quelques militants de l'organisation basque Bizi ! font un pari fou : construire en quelques années une mobilisation sans précédent en vue de la COP21 et lancer un grand mouvement non-violent pour le climat : Alternatiba. De Bayonne à Paris, sur des vélos multiplaces, coup de pédale après coup de pédale, en multipliant les villages des alternatives, de petites victoires en grandes mobilisations contre les multinationales des énergies fossiles et les banques qui les soutiennent, le film raconte les étapes de cette mobilisation. Irrintzina, c’est un cri d’alarme sur l'effondrement de notre monde mais c’est aussi un cri de joie poussé par des centaines de militants déterminés qui ont réalisé que si, ensemble, ils ne faisaient rien, personne ne le ferait à leur place.

Rencontre avec ANV-COP21 le vendredi 31 mai à 20h et le dimanche 2 juin à 17h.

A travers le parcours chronologique d’une « infiltrée » dans le mouvement Alternativa, ce documentaire propose une plongée au plus près dans le milieu militant, au service d’une cause on ne peut plus essentielle : le combat contre le changement climatique. À vrai dire, au début, on est un peu agacé par le côté bon enfant et gentillet (le tour de France, la danse, la fête) qui semble l’œuvre de doux rêveurs, en décalage complet avec l’urgence. Et puis, sans supprimer l’aspect humain, le film fait peu à peu comprendre la nécessité d’une lutte non violente, ce qui ne veut pas dire douce, organisée par des gens, des gens banals mais concernés. On voit aussi à quel point les « ennemis » sont puissants, à la mesure des intérêts en jeu : les interdictions (Jean-Claude Gaudin en prend pour son grade), les négations (la BNP-Paribas qui ne connaît pas de paradis fiscaux, Total qui se présente comme vertueux), les coercitions (les gendarmes, le prétexte de la lutte contre le terrorisme), tout cela sert des profiteurs sans scrupules qui n’ont comme ambition que de continuer à utiliser le système en place. Alors oui, peut-être que la seule vraie solution ne passe ni par les gouvernements dont on voit les atermoiements qui camouflent une volonté d’immobilisme, ni par de grands sommets improductifs, ni même par de modestes changements individuels ; la résistance ou la désobéissance civile (on en voit longuement l’organisation et l’entraînement), mais aussi la prise en main de l’avenir par des citoyens responsables semblent plus prometteuses. C’est ce dont le film, malgré des longueurs peut-être inévitables, parvient à nous convaincre. Il ne cache rien des difficultés (la vie en commun, la fatigue des militants), de la disproportion entre les deux camps, mais soulève un espoir enthousiasmant. La partie « scientifique » est alarmante et ne peut laisser indifférent : tout ce qu’on ne veut pas voir, tout ce qu’on fait semblant d’oublier, saute aux yeux et indigne. Même le bricolage de ces militants graves et joyeux en paraît infiniment sympathique : le futur s’annonce mal, mais la foi soulève les montagnes ; « on ne lâche rien ». Avoir-alire

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