/ Plein Air au Bel Air

De Peter Webber avec Ken Boothe, Winston McAnuff, Cedric Myton, Judy Mowatt
Documentaire - France - 2018 - VOST - 01h39

Inna de Yard

Sur les hauteurs verdoyantes de Kingston, des légendes du Reggae se retrouvent pour enregistrer un disque. Plus de trente ans après leur âge d’or, ils s’apprêtent à repartir en tournée à travers le monde. INNA DE YARD raconte l’aventure humaine de ces chanteurs qui, en plus d’incarner un genre musical mythique et universel, font vibrer l’âme de la Jamaïque.

Plat du jour : Jerk Chicken (poulet épicé et son riz haricot rouge façon ganja). Infos pratiques ici.

Animation : Mess Exp (afro beat)

A l’orée d’un concert le 15 juin 2019, le documentaire de Peter Webber réussit avec brio à retracer les évènements biographiques qui ont marqué un genre musical notoire. Un brin d’humour mêlé à de vives émotions, l’influence du passé dans le présent des chanteurs et une passion déroutante pour la musique ; en bref : un véritable plaisir auditif et visuel. Les amateurs de musique reggae seront comblés. Le nouveau film documentaire de Peter Webber s’engage sur une reconstitution quasi historique où le cinéaste décrypte le reggae, sous l’œil avisé des différents protagonistes qui ont participé à la renaissance du rythme jamaïcain. En quelque sorte, Inna de Yard est une épopée décrite par les chanteurs eux-mêmes, dont Kiddus I, surnommé le rebelle. Cette volonté de vaincre la pauvreté et la misère prépondérante par la musique permet ainsi de comprendre la vraie nature du style musical en question. Tout le film est construit sur la transmission de cette culture particulière qui s’illustre par des témoignages des différents acteurs du courant musical, dont celui de l’émouvant Winston McAnnuf dit Electric Dread racontant la difficulté du deuil. Plus qu’un film musical, le documentaire est le condensé de plusieurs récits de vie dramatiques qui font écho au passé esclavagiste de la Jamaïque, sombre et bouleversant. Le charisme et l’exotisme des artistes talentueux qui parcourent le long-métrage parviennent à emporter les passionnés de musique dans un savant mélange d’émotion et de connaissances. Inna de Yard restitue la nostalgie d’un passé artistique glorieux bientôt disparu ou presque, qu’un nouveau souffle créé par le public amoureux de reggae sort de ses cendres. Le film paraît presque trop court quand le générique de fin apparaît, tant le spectateur est demandeur d’encore plus et de mélodies et de rythmes afro-américains. Les voix n’ont presque pas changé encore aujourd’hui, elles demeurent mélodieuses et envoûtantes et s’accordent parfaitement avec la beauté du documentaire. Le film est une magnifique leçon de vie, un brin d’espérance et de rêverie sur fond d’une misère sociale terrible qui est installée durablement en Jamaïque. On regrettera peut-être une vision parfois trop extérieure au quotidien des spectateurs, les privant d’accéder aux émotions fortes et sincères qui parcourent les personnages du film. Dans tous les cas, la joie l’emporte sur le drame, la musique fait danser les foules et le message est clair : l’histoire du reggae ne se résume pas seulement à l’expression d’un courant musical, c’est tout un mode de vie, une culture, un savoir, une fierté nationale et internationale en somme dont il s’agit profondément. Avoir-alire

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