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Plein Air au Bel Air

De Fanny Liatard, Jérémy Trouilh avec Alséni Bathily, Lyna Khoudri, Jamil McCraven, Finnegan Oldfield, Farida Rahouadj, Denis Lavant
Drame - France - 2021 - VF - 1h35

Gagarine

Youri, 16 ans, a grandi à Gagarine, immense cité de briques rouges d’Ivry-sur-Seine, où il rêve de devenir cosmonaute. Quand il apprend qu’elle est menacée de démolition, Youri décide de rentrer en résistance. Avec la complicité de Diana, Houssam et des habitants, il se donne pour mission de sauver la cité, devenue son "vaisseau spatial".

Projection le 24 juillet dans le cadre du Festival Plein Air au Bel Air.

PASS SANITAIRE DEMANDE.

Ouverture du site et de la billetterie à 20h15. tarif plein : 8.50€ / Tarif réduit : 7€  (CEZAM, demandeurs d'emploi, CCAS, étudiants, invalides, Pass'temps) / 5.50€ (ABC, - 18 ans) / 3 € Carte culture. REPLI EN SALLE

Concert de Cochrane à 20h45

Projection du film à 22h (séance à 21h45)

Pré-achat de billets conseillé (cliquer sur "Réserver")

Youri rêve de sauver sa cité, sur le point d’être démolie. Esthétique, poétique, cette chronique d’une résistance porte un nouveau regard sur la banlieue. Youri, 16 ans, rêve de devenir astronaute, et c’est sûrement parce qu’il a grandi à Gagarine, l’immense cité de briques rouges d’Ivry-sur-Seine, inaugurée par le cosmonaute russe en 1963. Mais Gagarine, c’est fini : le grand ensemble de « la cein­ture rouge » va être démoli. Pour l’adolescent livré à lui-même, et qui considère la population de cette barre d’immeubles comme sa famille, il n’est pas question de partir. Gagarine devient son vaisseau spatial à sauver, coûte que coûte… Pour leur premier long métrage (labellisé Cannes 2020), Fanny Liatard et Jérémy Trouilh inventent une nouvelle façon, planante, de filmer la banlieue. Dès les premières images de cette chronique de la résistance, on est frappée par la beauté des plans, l’esthétique des cadrages, qui installent le réalisme social dans un espace poétique. Grand bricoleur qui ferait passer le héros de la série MacGyver pour une brêle, Youri répare, bidouille, récupérant du matériel grâce à l’aide de Diana, une Rom du terrain vague voisin (Lyna Khoudri, d’un naturel confondant) et d’un gardien de « cimetière d’immeubles » (Denis Lavant !) : les réalisateurs montrent alors l’édifice en sursis comme un organisme vivant, fait de câbles, de ferraille, de néons. La solidarité circule d’appartements en escaliers — les ascenseurs sont en panne, évidemment —, entre les locataires de tous âges et origines, dont la dynamique et lumineuse Fari (Farida Rahouadj), qui offre un soutien, maternel ou administratif, à chacun. Des enfants jouent autour d’une petite piscine gonflable, des fem­mes de tous les bâtiments font leur gym ensemble, et ces séquences se mêlent à de douces images d’archives, dans une même veine documentaire d’insouciance et de mélancolie. Les sept cents figurants du film sont d’anciens habitants, et le tournage eut lieu dans une aile de la cité pendant que les ouvriers commençaient à détruire les autres (1) … Quand vient le temps, douloureux, du déménagement, il pleut des cordes et un vieux monsieur dévisse sa boîte aux lettres pour l’emporter avec lui (« Ça, au moins, ils ne l’auront pas »). Plus Youri s’acharne à rester et à rêver, dernier des Mohicans accompagné par Diana et par un petit dealer perdu (Finnegan Oldfield), plus la mise en scène décolle du réel, devenant le reflet de la foi du jeune homme en sa banlieue « céleste » : le bâtiment vaisseau clignote, et la magnifique musique électronique et atmosphérique d’Evgueni & Sacha Galperine monte en puissance, portant le film vers un ailleurs spectaculaire. « Ils tiennent les murs des cités » : avec Gagarine, ce cliché tenace sur une jeunesse de banlieue statique et désœuvrée s’envole. S’ils les tiennent, c’est pour construire un imaginaire. Télérama

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