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Sortie nationale

De Kelly Reichardt avec John Magaro, Orion Lee, Toby Jones, Ewen Bremner, Scott Shepherd
Western - Etats-unis - 2020 - VOST - 2h02

First Cow

Autour de 1820, Cookie Figowitz, un cuisinier expérimenté solitaire et taciturne, voyage vers l’ouest et finit par rejoindre un groupe de trappeurs au fin fond de l’Oregon. Là, il se lie d’amitié avec King-Lu, un immigrant d’origine chinoise qui cherche aussi à faire fortune. Ils vont rapidement s’associer pour créer une petite entreprise prospère,utilisant une vache laitière très prisée par un riche propriétaire des environs pour fabriquer des gâteaux...

Chantre de l’americana, Kelly Reichardt ajoute un nouveau chapitre à cette poésie empreinte de nostalgie sur l’histoire de l’Amérique rurale avec son dernier film, First Cow, qui a fait le tour des festivals (Telluride, Berlin, Deauville) avant de voir sa sortie en salles repoussée à plusieurs reprises à cause de la pandémie et de finalement se retrouver en exclusivité sur la plateforme Mubi. Il faudra donc se résoudre à découvrir ce beau film d’époque et d’amitié, dans la lignée de La Dernière Piste et d’Old Joy, sur un petit écran qui n’est pas à la hauteur de ses qualités plastiques. La première vache du titre appartient à un riche colon anglais installé en Oregon, en 1820, époque où les vaches ne couraient pas les prairies du Grand Ouest. Au hasard d’un patelin boueux, un cuisinier itinérant et un immigrant chinois font connaissance et décident de traire en douce le paisible ruminant et de concocter avec le précieux lait de succulents beignets qu’ils vendront au marché. Leur recette est si réussie que les trappeurs les plus rugueux en ont presque les larmes aux yeux. Et le riche colon, également sous le charme des deux cordons bleus, les invite à cuisiner pour lui le clafoutis aux airelles de son enfance anglaise, pour impressionner ses invités, toujours avec cet ingrédient mystère... Kelly Reichardt conserve son goût pour les histoires de perdants magnifiques et les lumières crépusculaires, pour ne pas dire nocturnes. On n’y voit parfois goutte mais l’essentiel tient dans l’indolence du rythme, et le poids du destin qui avance, inexorablement, telle une épaisse brume matinale et funèbre, pour envelopper les deux traîne-savates, héros malgré eux d’un film à contretemps. Télérama

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