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Rencontre

De Juan Diego Solanas avec Marta Alanis
Documentaire - Argentine/France/Uruguay - 2019 - VOST - 1h26

Femmes d'Argentine

En Argentine, où l'interruption volontaire de grossesse est interdite, une femme meurt chaque semaine des suites d'un avortement clandestin. Le 14 juin 2018, les députés argentins disent " oui " à la légalisation de l'IVG. Le 9 août, par 38 voix contre 31, le Sénat rejette le projet de loi...

Rencontre avec le Collectif Féministe du 68 le mercredi 30 septembre à 19h à l'occasion de la Journée mondiale pour le droit à l'avortement (28 septembre)

Il y a deux ans, les Argentines défilaient pour la légalisation de l’avortement. Ce documentaire bouillonnant porte leur parole. « Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler ! » Dans les rues de Buenos Aires, des filles chantent en chœur dans une ambiance survoltée. Elles transmettent à qui les regarde ce mélange d’irrésistible vitalité et de saine colère, un moteur pour le changement. Nous sommes en juin 2018 : les députés argentins s’apprêtent à voter pour ou contre la légalisation de l’avortement. Le moment est historique, le vieux patriarcat chrétien s’accroche à ses privilèges tandis que monte la vague verte, couleur des foulards des féministes. Juan Solanas n’a plus qu’à tourner. La réalité lui sert une dramaturgie rêvée. Son talent est de remettre au centre la parole des premières concernées : les Argentines qui, en osant disposer de leur corps, sont devenues à la fois pécheresse et hors-la-loi. Les qualités d’écoute et de regard du réalisateur donnent une portée considérable aux témoignages des militantes comme aux récits des victimes d’avortements clandestins. Aiguilles à tricoter ou persil dans l’utérus : il faut écouter les histoires terrifiantes de ces filles, souvent pauvres, abandonnées à leur souffrance par des médecins plus soucieux de punir que de soigner. Imaginer les derniers instants de ces femmes expirant entre un gynécologue réprobateur et un policier, chargé de constater la violation de la loi. En inscrivant le combat des Argentines pour la légalisation de l’avortement dans le contexte plus large des luttes féministes en Amérique latine, le réalisateur pointe au passage l’ennemi commun : les catholiques et évangéliques « pro-vie », de plus en plus puissants sur le continent américain. Tout en exaltant l’énergie militante de ses concitoyennes, Juan Solanas plaide pour la séparation de l’Église et de l’État, des institutions religieuses et de la foi. La sortie du film en Argentine, en octobre dernier, a relancé le débat et poussé les deux candidats en lice pour la présidence à prendre position sur l’avortement. Le président élu, Alberto Fernández, vient d’annoncer son intention de soumettre une loi légalisant l’IVG. « Que sea ley ! » Que la loi passe ! Télérama

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