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Rencontre

De Charlotte Le Bon avec Monia Chokri, Jeff Roop, Karine Gonthier-Hyndman, Sara Montpetit, Pierre-Luc Lafontaine
Comédie Dramatique - France / Canada - 2022 - 1h40

Falcon Lake

Pour les vacances d'été, Bastien, 13 ans, quitte Paris avec sa famille pour le calme d'un chalet au bord d'un lac québécois, ou sa mère, Violette, a grandi. Ils s'installent chez une amie de longue date, Louise, et sa fille Chloé, 16 ans. Malgré les trois ans qui séparent Bastien et Chloé, une connexion singulière se crée entre eux et un jeu charnel étrange s'installe. Prêt à braver ses pires peurs pour se faire une place dans le coeur de Chloé, l'été devient un moment charnière trouble pour le jeune garçon.

Rencontre le 28/02 à 14h, avec François Choquet, co-scénariste, en partenariat avec La Quinzaine des Cinéastes.

Deux ados font connaissance dans un Québec où rôdent des fantômes. Un premier long subtil et maîtrisé pour l’actrice passée réalisatrice, qui adapte ici l’œuvre de Bastien Vivès. Est-ce dû à la torpeur de l’été ? À l’aspect sombre et marécageux du lac ? À la maison encombrée qui tient de la grande cabane perdue dans la forêt ? Il règne d’emblée une atmosphère envoûtante et dépaysante. On est dans un coin perdu du Québec, avec une famille de Français qui débarque là pour les vacances, rejoignant une amie et sa fille. Les parents sont vite mis de côté dans le récit, laissant toute la place à Bastien, 14 ans, qui entre dans l’adolescence, et Chloé, un peu plus âgée, sur le point de la quitter. Passé le round d’observation, ces deux-là se mettent à échanger, se racontent des histoires qui font peur, apprennent à se connaître et à s’apprécier. Un récit d’initiation sentimentale et sexuelle ? Oui, mais à la lisière du film d’horreur… Jusque-là surtout connue comme animatrice puis actrice, Charlotte Le Bon réussit son baptême du feu en passant derrière la caméra. Falcon Lake parvient à mixer avec sensibilité peur et poésie, en ajoutant des notes d’humour bienvenues. Soit un dosage subtil qui décrit bien la valse-hésitation de la fille et du garçon, entre attrait et rejet, et les effets de la présence dans le coin d’une bande de garçons plus mûrs. Il y a à la fois du jeu, de l’étrangeté et du danger dans ces rites de passage, liés à la découverte du plaisir charnel, à la perte de la virginité. Sur la masturbation, le goût et le dégoût du sexe, l’ivresse et le fiasco, le film réserve des scènes touchantes. Il est aussi, plusieurs fois, question de fantômes. Que la réalisatrice rattache finement au souvenir. On devine, à l’image dorée et irisée, que l’action n’est pas racontée au présent. Même si la fin reste ouverte, elle illustre cette idée forte qu’en se tournant vers le passé, chacun de nous se voit immanquablement comme un défunt. Télérama

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