Loading
Logo Cinéma Bel Air
Abonnement à la newsletter
Rencontre

De Marc Dufaud, Thierry Villeneuve avec Daniel Darc, Frédéric Lo
Documentaire - France - 2019 - 1h45

Daniel Darc, Pieces of My Life

Chanteur de Taxi Girl, groupe culte des années 80 à l’aura sombre et romantique, Daniel Darc allait rapidement susciter toutes sortes de légendes urbaines. Les années 90 passent et sa trace se perd... Il faudra attendre 2004 et le miraculeux retour avec « Crève cœur » pour qu’il retrouve le succès, jamais démenti, jusqu’à sa disparition prématurée, ce 28 février 2013. A travers des images inédites et intimes filmées pendant 25 ans, Daniel Darc, Pieces Of My Life témoigne de sa façon de vivre, avec ses moments de fulgurance et d’excès, ses solitudes, ses errances et ses abîmes.

Rencontre le samedi 23 novembre à 21h avec Marc Dufaud, réalisateur, dans le cadre du Festival Supersounds, en partenariat avec Hiéro Colmar,

Au plus près du musicien dans un émouvant et sensible documentaire qui montre le merveilleux résistant qu'il était. Dans Blow Up, géniale websérie cinéphile diffusée sur Arte, Luc Lagier consacre certaines de ses vidéos à une actrice, un acteur, une réalisatrice ou un réalisateur, et s’interroge (si l’on cite le dernier en date) : “C’est qui, ou plutôt c’est quoi Sophia Loren ?” C’est cette question amusée et faussement naïve qui vient instantanément à l’esprit devant Daniel Darc, Pieces of My Life, portrait subjectif et non-exhaustif de l’ex-leader de Taxi Girl. Daniel Darc, Pieces of My Life Au plus près du musicien dans un émouvant et sensible documentaire qui montre le merveilleux résistant qu'il était. Dans Blow Up, géniale websérie cinéphile diffusée sur Arte, Luc Lagier consacre certaines de ses vidéos à une actrice, un acteur, une réalisatrice ou un réalisateur, et s’interroge (si l’on cite le dernier en date) : “C’est qui, ou plutôt c’est quoi Sophia Loren ?” C’est cette question amusée et faussement naïve qui vient instantanément à l’esprit devant Daniel Darc, Pieces of My Life, portrait subjectif et non-exhaustif de l’ex-leader de Taxi Girl. A ses commandes : Thierry Villeneuve et Marc Dufaud, ami intime qui n’a cessé de suivre et de filmer le Garçon sauvage (1993) au milieu des Enfants de la Blank (1995), des White Trash (1994) ou à la veille d’un aussi sublime qu’inattendu réveil, Rêve-Cœur, qui, en 2004, accompagnait la sortie de Crèvecœur, disque de la résurrection dont le film nous fait découvrir une partie des coulisses de la fabrication. Au “qui“ réducteur, Pieces of My Life choisit le “quoi”, et plutôt que d’offrir une image déglinguée du regretté chanteur, compose un kaléidoscope (é)mouvant. De Darc nous ne connaîtrons pas les secrets enfouis, les peines inavouables, les blessures encore vives, mais nous arpenterons, comme des pèlerins, les trottoirs parisiens qui l’ont vu bouger, visiterons sa chambre d’enfant, apprendrons son goût pour Godard, Kerouac ou Artaud. Le mythe Darc et ses innombrables coups d’éclat (la drogue, la scarification et le reste) ne sont ici pas auscultés. C’était quoi Daniel Darc ? Le duo préfère le caresser avec le naturel que permet la relation qui lie le filmé au filmeur, plutôt que de le broyer pour en extraire une vérité de toute façon impossible. Le documentaire ne se soucie d’ailleurs guère d’une quelconque exactitude biographique et se resserre autour d’une flopée d’images d’archives et de minces mais précieux témoignages de collaborateurs amis – le guitariste presque frère Georges Betzounis et le producteur Frédéric Lo. Alors c’était quoi Daniel Darc ? Une allure fragile de dandy, une voix douce et déchirée presque désincarnée, une façon de se mouvoir dans l’espace avec cette aura innommable qui éclaire les plus grands. C’était l’histoire aussi flamboyante que tragique d’un garçon sans vocation destiné à devenir l’une des plus scintillantes icônes new-wave des années 1980. Un fervent religieux au mal de vivre indomptable, qui, se souvient Marc Dufaud, comme l’écrivait Henry Miller sur Rimbaud, voulait “tout voir, tout sentir, tout épuiser, tout explorer, tout dire” et avait “fini par trouver sacré le désordre de son esprit”. C’était aussi bien plus qu’un nom bidouillé (Rozum), plus qu’une secousse musicale (Taxi Girl), avec ses tubes et ses bides. C’était une certaine idée romantique et poétique du punk, du rock et de l’artiste comme un résistant éperdu et merveilleux. Les Inrockuptibles

Prochainement