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Rencontre

De Satyajit Ray avec Soumitra Chatterjee, Madhabi Mukherjee, Shailen Mukherjee, Shyamal Ghoshal, Gitali Roy, Bholanath Koyal, Suku Mukherjee, Dilip Bose, Subrata Sensharma, Nilotpal Dey, Bankim Ghosh Romantique Drame - Inde - 1964 - VOST - 1h57

Charulata

Calcutta, 1880. Un jeune et riche intellectuel, Bhupati, édite en anglais un hebdomadaire politique et porte peu d'attention à son épouse Charulata, femme sentimentale et douée de goûts artistiques. Se rendant compte de la solitude de sa femme, Bhupati demande à son cousin Amal, un jeune lettré insouciant, d'aider Charulata dans ses efforts littéraires et de stimuler le talent qu'elle pourrait avoir. Petit à petit, Charulata va se prendre d'affection pour Amal...

Rencontre le lundi 14 octobre à 20h avec Azarie Aroulandom, président de l’association Tagore Sangam, et Edgar Zeidler, traducteur de l’oeuvre de Tagore en alsacien, à l'occasion de la manifestation "Sur les pas de Tangore"

"Charulata", une déflagration de sensualité retenue Chef-d'œuvre du cinéma d'auteur indien, le film de Satyajit Ray est présenté à Cannes Classics, dans une version restaurée. (...) Quitter le domaine de la prospective reste le plus sûr moyen d'établir que le plus beau film indien de Cannes 2013 s'intitulera Charulata. Aucun mérite, puisque le film est signé Satyajit Ray, qu'il a été réalisé en 1964, et qu'on le considère comme un des sommets de son œuvre. Le voici restauré et programmé dans la section Cannes Classics, consacrée au patrimoine, de telle sorte que le Festival, qui a la mémoire longue des augustes institutions, le rattrape un demi-siècle après l'avoir laissé filer pour Berlin, où il obtint un Ours d'argent. La programmation d'un film de Ray – grand admirateur de Renoir et de Rossellini, et réalisateur indien le plus reconnu hors de ses frontières – renvoie à une époque où le cinéma d'auteur indien proposait encore une alternative florissante aux canons de l'industrie bollywoodienne. Le film est adapté d'un roman sorti en 1901, signé de Rabindranath Tagore, principale figure de la renaissance bengalie. Le cinéaste partage avec l'écrivain un humanisme progressiste et un sens du lyrisme qui s'exprime dès son premier long-métrage, Pather Pantchali (1955). Charulata s'inscrit dans une période au cours de laquelle Ray signe quelques magnifiques portraits de femmes de la moyenne bourgeoisie urbaine, se débattant entre aliénation et émancipation. C'est ici une histoire d'amour impossible qui déchire l'héroïne, Charulata, entre l'abandon où la confine son mari, un riche héritier féru de politique entièrement dévolu à la création d'un journal, et le cousin de ce dernier, un jeune écrivain dilettante qui exerce sur elle un charme irrépressible. La capacité de suggérer des mondes intérieurs à partir d'un huis clos où aucune action n'est jamais consommée est sans doute ce qui frappe le plus dans ce film. A côté de son acteur fétiche, Soumitra Chatterjee, dans le rôle du folâtre cousin Amal, Ray braque sa caméra sur la belle captive au regard noir, Madhabi Mukherjee, transformant la moindre de ses expressions en une déflagration de sensualité retenue. La vedette bollywoodienne, Vidya Balan, membre cette année du jury officiel, le sait bien, elle qui rendit un hommage explicite à son illustre devancière dans le film Parineeta (2005). Le Monde (article Festival de Cannes 2013)

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