Programmation du 24 mai au 13 juin



  • /medias/photos/retour forbach.jpg

    Du 29 mai au 5 juin

    retour à forbach 

    de Regis Sauder

    Documentaire -  France – 2017 – 1h18


    Régis Sauder revient dans le pavillon de son enfance à Forbach. Il y a 30 ans, il a fui cette ville pour se construire contre la violence et dans la honte de son milieu. Entre démons de l'extrémisme et déterminime social, comment vivent ceux qui sont restés ? Ensemble, ils tissent mémoires individuelles et collectives pour interroger l'avenir à l'heure où la peur semble plus forte que jamais.

    C'est sa ville. Adorée et haïe. Celle qu'il a fuie, il y a longtemps, mais qui n'a jamais cessé de survivre en lui, comme un regret ou un remords. Régis Sauder (auteur du documentaire Nous, princesses de Clèves) revient à Forbach en 2014, à la suite de deux événements apparemment sans aucun lien : ses parents se sont fait cambrioler, sans que les voleurs emportent quoi que ce soit, probablement déçus par leur maigre butin. Pas très loin, à la mairie, lors du premier tour des municipales, un nom est revenu telle une litanie, au fur et à mesure des bulletins qui s'accumulent dans les urnes : «Florian Philippot, Florian Philippot, Florian Philippot»...
    C'est une drôle de ville, Forbach. Toute proche de l'Allemagne qui l'a d'ailleurs récupérée durant la Seconde Guerre mondiale. Il fut un temps où l'artère principale, la rue Nationale, s'appelait l'Adolf Hitler Strasse. Ça laisse des traces... Aujourd'hui, après la faillite du bassin houiller, la ville est vide, déserte, ruinée. En une série de plans magnifiques, le cinéaste aligne les boutiques et les maisons devant lesquels s'étalent des pancartes jaunies ou cabossées : « A vendre », « A louer ». Mais, parmi les gens de peu qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois, personne n'a plus rien acheté depuis longtemps... Sauf qu'on ne s'en plaint pas. Ce n'est pas une terre où on geint. On a « hante », puisque, ici, le « a » remplace souvent le « o ». « A Forbach, on ne se raconte pas. On laisse la mémoire s'effacer. » Ce que refuse, précisément, le cinéaste, qui va tenter de retrouver avec sa caméra le fil de ces souvenirs perdus. Et comprendre par la même occasion avec l'aide de quelques copains restés là, eux, les causes du découragement planant sur la ville, tel un maléfice, et les raisons qui poussent les plus désespérés à se réfugier auprès du Front national.
    Il faut une vie pour remplir une maison et seulement un jour pour la vider. Les parents de Régis Sauder quittent le pavillon qu'ils ont occupé durant quarante-six ans et c'est leur fils qui entasse, dans le jardinet, les objets auxquels ils croyaient tenir et qu'ils n'ont pas emportés. Dans son ancienne chambre, s'est installé un petit Arabe de 11 ans, dont il tente en quelques secondes d'imaginer le destin. C'est cette image qui clôt en douceur ce beau documentaire lucide et cruel. Télérama

    Des récits pour les temps à venir
    Ce nouveau film remarquable est politique dans ses profondeurs.
    Régis Sauder est un cinéaste familier des territoires que l’on dédaigne, de leurs habitants souvent accablés de la double peine d’un sort difficile et des assignations sociales qui grèvent l’avenir. Il est né dans cette ville de Forbach, aux lisières de la Sarre. Honte sociale et violences scolaires le convaincront dès l’adolescence qu’il n’y construira pas sa vie. Un voyage intérieur le ramène à ce décor, à ce milieu, auprès de ceux qui sont restés. Là, il va expérimenter la valeur d’échange depuis la première personne du singulier. Une nécessité pour qui s’attache à ce que la singularité de chacun de ses interlocuteurs s’inscrive dans le temps et l’espace ainsi ménagés. Voisins, famille, amis, rencontres, de l’intime que le réalisateur met en jeu à la composition des voix plurielles, le film conjugue ce double récit. Vient se lier celui du tournage, qui s’est échelonné sur deux ans et demi à partir de mai 2014. Le vote Front national a explosé lors des municipales et place la ville sous de fâcheux éclairages. Les préoccupations de Régis Sauder ne sont pas étrangères à cette situation, mais elles émergent de profondeurs autrement significatives. On arrive avec lui au seuil du pavillon familial, qu’un cambriolage a mis sens dessus dessous. Ses mots finement remontent à la manière d’un pêcheur les lignes du passé. L’effacement menace. Tout ne peut être reconstitué. Le présent fera son office de revitalisation. Mohamed, Cherif, Sandrine, Flavia racontent le temps et ses parcours. Forbach a ses fantômes, ses mythes, ses réalités. Ses déserts et ses forces vives. Une jeunesse aussi pour laquelle les tables rases de la mémoire ne suffiront pas à faire tremplin. .. L'Humanité

    Rencontre avec Régis Sauder le 29 mai à 20h en partenariat avec Alsace Cinémas 

    Précédé du court métrage Les pieds sous la table de François Morel et MH Dufresne (8')

    ⇒ afficher tous les films

Cinéma Bel Air - Mentions légales - Site réalisé par Tack Tack