Programmation du 24 mai au 13 juin



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    du 18 mai au 28 mai

    l'homme aux mille visages
    / el hombre de las mil caras

    De Alberto Rodriguez

    Avec Eduard Fernández, José Coronado, Marta Etura

    Policier, Drame, Biopic, Thriller – Espagne -  VOST- 2017 – 2H03

    Francisco Paesa, ex agent secret espagnol, est engagé pour résoudre une affaire de détournement d’argent risquant d’entrainer un scandale d’Etat. L’homme y voit l’opportunité de s’enrichir tout en se vengeant du gouvernement qui l'a trahi par le passé. Débute alors l’une des plus incroyables intrigues politiques et financières de ces dernières années : l’histoire vraie d’un homme qui a trompé tout un pays et fait tomber un gouvernement.

    Flash-back sur l'un des plus grands scandales politiques de l'Espagne contemporaine. En novembre 1993, le tout-puissant chef de la Garde civile est suspecté d'avoir détourné de l'argent public, à hauteur de millions. En février 1994, Luis Roldán quitte le pays clandesti­nement après avoir reçu une convocation devant le juge. Pendant six mois, il est introuvable. Finalement, il est arrêté en février 1995 à l'aéroport de Bangkok, dans des circonstances troubles : l'ex-premier flic d'Espagne aurait accepté de se rendre contre l'abandon de la plupart des charges qui pesaient sur lui. Roldán sera fina­lement condamné à une lourde peine de prison. Et son « dossier » aura contraint deux ministres de l'Intérieur à la démission, avant de précipiter la défaite électorale du gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez.
    La fuite de Roldán et l'entourloupe autour de sa reddition n'auraient pas été possibles sans l'entregent et les manoeuvres de Francisco Paesa, dit « Paco ». « L'homme aux mille visages », c'est lui : un peu agent secret chargé des coups les plus tordus, un peu conseiller financier expert en blanchiment d'argent et fraude fiscale, un peu diplomate d'opérette, un peu homme d'affaires louches... et beaucoup escroc. Le film raconte comment Paco aurait utilisé Roldán pour se venger des mauvaises manières du gouvernement espagnol à son égard et, au passage, gagner des milliards de pesetas.
    Cette arnaque de haut vol, Alberto Rodriguez la reconstitue comme un thriller plein de punch. Son récit, dopé à l'humour noir, est puissamment addictif, malgré sa complexité — c'est un tour de force scénaristique de réussir à ne pas égarer le spectateur dans un tel labyrinthe de manipulations croisées et de coups de billard à trois bandes. Il est, aussi, d'un machiavélisme redoutable. Car rien n'est jamais sûr dans cette histoire, certes tirée de faits réels, mais dont on sait, dès la première séquence, qu'elle contiendra « des mensonges ». Le narrateur — un séduisant pilote de ligne, bras droit de Paco — n'a jamais existé, même s'il apparaît comme le témoin privilégié des exploits du faussaire. Comme pour tous les témoins, ses souvenirs sont incomplets. Et partiaux. Des informations exposées dans la première demi-heure du film sont contredites, voire démenties quelques scènes plus tard. Et quand Paco demande à Mme Roldán si les révélations « désagréables » con­cernant son mari sont vraies, la jeune femme répond, ironique : « Quelle importance ? Nous sommes en Espagne. »
    Alberto Rodriguez avait déjà exploré cette « zone grise » entre les apparences et la vérité dans La Isla minima (2015). Dans ce passionnant polar sur l'Andalousie post-franquiste des années 1980, un policier progressiste dévoilait sa part d'ombre face à un inspecteur cynique qui se révélait terriblement séduisant. C'est la même ambiguïté qui caractérise le héros de L'Homme aux mille visages, incarné, entre bonhomie et sécheresse, par le génial Eduard Fernández. Paco est un être sans le moindre scrupule, qui fait mine de protéger son client pour mieux le trahir, qui met en danger sa nièce adorée et dupe son meilleur ami pour arriver à ses fins. Mais un être fascinant par son mystère. Insaisissable jusqu'au bout... — Télérama
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