Programmation du 17 janvier au 13 février

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    Du 10 janvier au 6 février

    vers la lumière/hikari

    De Naomi Kawase

    Avec Masatoshi Nagase, Ayame Misaki, Tatsuya Fuji

    Drame – Japon/France -  VOST – 2017 - 1h43

    Misako passe son temps à décrire les objets, les sentiments et le monde qui l’entoure. Son métier d’audiodescripteur de films, c’est toute sa vie. Lors d’une projection, elle rencontre Masaya, un photographe au caractère affirmé dont la vue se détériore irrémédiablement. Naissent alors des sentiments forts entre un homme qui perd la lumière et une femme qui la poursuit.

    Délaissant l’esotérisme au profit d’une belle fluidité, Naomi Kawase revient avec un poème philosophique élégant. Digressions émouvantes sur la vie et la mort, interrogeant aussi le pouvoir de la fiction à l’aune du réel.
    Naomi Kawase reprend moins le fil de la douce vacuité de Les délices de Tokyo qu’elle ne reprend là où s’était arrêté Still the water, fragile poème philosophique sur l’amour et la mort. Souvent, la cinéaste japonaise ne conçoit ses films autrement qu’en entrelaçant les destins de personnages amenés à se compléter pour mieux résoudre une instabilité. Cette complémentarité cathartique trouve en Vers la Lumière un écrin presque parfait. Trop torturée encore par ses conflits intérieurs pour saisir du regard l’essence du réel, Misako rencontre un photographe rompu à l’exercice dont la vue qui s’étiole s’apprête à le plonger dans l’obscurité pour toujours. L’interdépendance qui s’installe progressivement entre les deux protagonistes a beau avoir pour effet de baliser pesamment le récit, Naomi Kawase en tire une histoire d’une infinie délicatesse, distillant le sentiment amoureux avec sensualité et douceur à mesure que la lumière se meurt pour mieux renaître. Tandis que Misako doit accepter le déclin de sa grand-mère et l’imminence de son décès, Nakamori le photographe doit composer avec une autre mort plus symbolique : les ténèbres qui l’assaillent. Brouillards que seul un amour inconditionnel semble à même de dissiper.
    Cet amour qu’il faut plus interpréter comme une foi indéfectible en l’existence qu’en une simple relation passionnée, la réalisatrice l’explore par le biais de miroitements. Reflets de lumières lézardant les images, de même qu’allégoriquement résurgences salvatrices du passé. Si Misako trouve en la nostalgie l’effluve qui manquait à sa sensibilité, Nakamori déjoue la stase pernicieuse de la torpeur en s’en remettant à ses souvenirs. Le tout glisse alors doucement vers une métaphysique des sentiments. Il serait facile de reprocher à la cinéaste de ne redonner vie à ses obsessions qu’avec la même rhétorique classique. Néanmoins, son scénario se double d’une vraie réflexion sur la perception du réel, et s’interroge sur la capacité du cinéma à susciter des impressions de réalité. Ainsi, par-delà l’élégie, Kawase n’hésite pas à désacraliser le pouvoir de la fiction, affirmant avec modestie que le metteur en scène ne peut finalement que s’en remettre à son existence passée et à sa sensibilité pour tenter la représentation de cette chose intangible et éthérée. Ce pouvoir de fiction, la réalisatrice la dédie à ses interprètes et à la conjonction de leurs regards. Tout cela n’est jamais qu’une histoire de lumière, à atteindre en soi - l’âme - avant d’être saisie par le regard. C’est dans cette configuration que le langage, verbal ou cinématographique, laisse la place au cœur. Avoir-alire

    Sortie nationale

       
       Fukushima 5 ans après (4') de Eve Ceccarelli


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