Festival Les petites bobines, festival de films européens jeune public, du 24 février au 11 mars 2018

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    Les petites bobines

    rêves en rose / ruzové sny 1977

    de Dusan Hanak avec Juraj Nvota, Iva Bittova
    Comédie dramatique - Slovaquie - 1977 - VOST - 1h21

    Jakub, facteur rêveur et magicien en herbe, jongle entre les colis et les services rendus aux villageois. Son regard croise celui de la belle gitane Jolanka. Ensemble, ils vont tenter de vivre un premier et grand amour, malgré la pression de leurs communautés respectives…

    Cette version de Roméo et Juliette opposant communautés Rom et slovaque brisait un tabou dans la Tchécoslovaquie communiste. L’âpreté réaliste et la fantaisie poétique y forment un alliage tout à fait stimulant.
    Ecrit en 1974 mais tourné en 1976, après de multiples atermoiements, les auteurs Dušan Hanák et Dušan Dušek ayant été obligés de remanier à plusieurs reprises leur scénario, Ružové sny (Rêves en rose), semble bien être le seul film slovaque des années 70 à avoir connu en son temps une diffusion internationale bien qu’il ait été, apparemment, peu vu dans son pays d’origine.
    Les amours du gadjo Jakub et de la belle gitane Jolanka, contrariées par l’antagonisme insurmontable de leurs communautés respectives, sont évidemment une variation sur le thème de Roméo et Juliette.
    Or, dans la Tchécoslovaquie communiste, la discrimination à l’égard des Roms n’était pas censée exister et le film brisait un tabou en montrant cette réalité sans l’édulcorer.
    Car malgré une certaine propension au pittoresque folklorique et le handicap d’un doublage dû au fait que le film a été tourné essentiellement en Tchéquie et que de nombreux acteurs amateurs ne parlaient pas le slovaque, la description de ces deux univers inconciliables allie un indéniable réalisme documentaire à une fantaisie onirique enjouée, inventive, pleine de charme même si, dans cette suite de vignettes quasi surréalistes, on frôle par moments la poésie fabriquée et si l’humour bon enfant qui égaye l’ensemble est un peu facile et attendu.
    Pourtant, si l’écueil du trop joli, voire d’une certaine mièvrerie, semble menacer au début, la gravité et une véritable âpreté ne tardent pas à s’immiscer dans le film, contredisant cette première impression. Un faux happy end, peut-être résultat d’une compromission, s’avére même plus amer que la fin tragique programmée.
    Avec son foisonnement de motifs et de couleurs, ses chansons folks, son goût du coq à l’âne, la grâce juvénile de ses protagonistes Rêves en rose est donc un spectacle des plus plaisants mais la légèreté s’y colore peu à peu de mélancolie, de profondeur et d’émotion. Avoir-Alire
    Au Cinéma Bel Air de Mulhouse :
    sam 10/03 à 19h30
    dim 11/03 à 11h
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