Festival Les petites bobines, festival de films européens jeune public, du 24 février au 11 mars 2018

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    Les petites bobines

    mandy

    de Alexander Mackendrick et Fred F. Sears avec Mandy Miller, Phyllis Calvert
    Drame - Royaume-Uni - 1952 (version restaurée) - VOST - 1h33

    Mandy, sourde de naissance, est tiraillée entre ses parents qui ne sont pas d’accord sur l’éducation à lui donner. Sa mère l’inscrit dans une institution spécialisée où un professeur la convainc que Mandy pourra peu à peu apprendre à parler. Jaloux du professeur, le père retire l’enfant de l’institution…

    Troisième film de Mackendrick, avant et après des comédies remarquables, Mandy aborde un sujet alors délicat : la considération et l’éducation des sourds. C’est sans doute cette partie « militante » qui a le plus mal vieilli, le combat étant, et c’est heureux, depuis longtemps gagné. De même la structure en oppositions binaires (financiers contre pédagogues, mari contre femme et surtout beaux-parents, pureté contre manipulations), si elle se tempère et se complexifie au fil du film, garde quelque chose d’arbitraire.
    Mais il faudrait un cœur de pierre pour suivre l’évolution de Mandy vers le langage sans émotion ; c’est que Mackendrick sait y faire : alternant les scènes dramatiques (le ballon des enfants, la dispute entre les parents) et les progrès d’abord infimes, puis flagrants de la fillette, qu’il met en parallèle avec l’œuvre malveillante des avocats, il impose un rythme imparable, avec ses points d’orgue (le premier « maman » ferait pleurer un légionnaire) savamment dosés. Mais c’est aussi par un magnifique travail sur le noir et blanc qu’il convainc : utilisant les ombres de manière dramatique sans en faire un système, il sait mettre en valeur un visage ou creuser un relief , composer une image et une scénographie signifiantes avec un talent discret. Il excelle dans les gros plans, le jeu des regards et dirige ses interprètes avec maestria : la petite Mandy, extraordinaire, demeure en mémoire, mais les adultes ne sont pas en reste ; tout de subtilités, d’hésitations, d’infimes variations d’expressions, ils livrent des prestations d’une finesse constante.
    Même dans des passages convenus, Mackendrick revisite les clichés : le départ du père avec Mandy, par exemple, est réglé en deux plans superbes. Ce ne sont pourtant pas les meilleurs moments que ces disputes de couple conventionnelles. En revanche les séquences à l’école, l’évolution du grand-père, la découverte de la surdité ou la fin sont autant de réussites indiscutables qui élèvent ce mélodrame et lui confèrent une ampleur certaine, bien au-delà du tout-venant. Un film rare, inattendu, à découvrir d’urgence. Avoir-alire
    Au Cinéma Bel Air de Mulhouse :
    dim 04/03 à 11h
    dim 11/03 à 16h15
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