Festival Les petites bobines, festival de films européens jeune public, du 24 février au 11 mars 2018

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    Les petites bobines

    menina

    de Cristina Pinheiro avec Naomi Biton, Nuno Lopes, Beatriz Batarda
    Comédie dramatique - France - 2017 - 1h37

    Je m’appelle Luisa Palmeira, j’ai dix ans. Ma famille, c’est tous des Portugais. Mais moi, je suis Française, je suis pas comme eux, je fais pas de faute quand je parle. Ma mère, elle est plus belle que Marilyn Monroe, sauf quand elle met ses lunettes. Mon père, il a une moto rouge et il me laisse gagner au bras de fer. L’autre jour, il m’a dit qu’il allait disparaître. Mais moi, je le crois pas !

    Ulysse-sourire.pngLuisa, 10 ans, est la seule de sa famille portugaise à être née ici. Elle adore son père, l’homme à la moto rouge, brutal mais tendre, qui lui annonce sa mort prochaine… Ce premier film est la chronique poétique et profonde d’une enfance entre deux cultures, dans ces années 1970 où les « Portos » s’intégraient à la société française en baissant la tête.
    Fantasmant sur des références qu’elle ne maîtrise pas forcément (des œillets révolutionnaires, Salazar qu’elle confond avec Saint-Lazare, mais aussi une photo de Marilyn Monroe…), Luisa est aussi prête à tous les rituels vaudou pour garder son père. Dans des paysages camarguais magnifiquement mis en lumière, cette fillette (menina en portugais) nous rappelle qu’il faut connaître ses racines pour pouvoir en faire le deuil. Télérama

    Traversée de l’enfance sur une moto rouge
    Franco-Portugaise, la réalisatrice donne un premier long métrage qui teinte les exils du cœur aux couleurs de l’enfance.
    Une femme vêtue de noir passe un seuil, débouche sur la plage où des familles font la fête sous les lampions. Le visage qui surmonte la silhouette nous est vite apparu comme celui d’une dame qui porte le costume de son âge, d’une tradition qui perdure. La dame est d’origine portugaise. Les familles aussi qui, un 15 avril, célèbrent la révolution des œillets encore prégnante. Nous sommes en 1979. La plage est un modeste coin de France. Luisa, 10 ans, est née là d’un couple de parents immigrés. Dès les premières séquences, ce premier film long de Cristina Pinheiro, d’une écriture serrée, aura renseigné le spectateur par de nombreuses idées de cinéma qui préviennent de surligner. Sur le chemin du retour défilent les lumières du chantier naval. Port-Saint-Louis-du-Rhône.
    Les acteurs sont au diapason
    Sardou chante « Ne m’appelez plus jamais France » dans les oreilles d’une petite fille qui boude l’accent de ses parents, ce Salazar-Saint-Lazare dont le nom conspué ne lui dit rien. Luisa, son frère aîné et leurs parents vivent dans un cabanon près de l’eau, embarcation immobile à distance de l’intérieur. Joao, le père (Nuno Lopes), souffre des exils du cœur. Il boit vraiment trop. La mère Leonor (Beatriz Batarda) assure l’intendance dans son foyer et ceux de son employeur. Le frère Pedro (Thomas Brazette) vit en garçon de son temps. Le tour de la famille Palmeira ne constitue pas une galerie de portraits. Cristina Pinheiro confère à chacun des complexités émotionnelles qui ne les réduisent jamais. Les interactions et interférences qu’elles produisent donnent lieu à toutes sortes d’inattendus, traduits en trouvailles cinématographiques. Les acteurs sont au diapason.
    Luisa (Naomi Biton) est au centre du film. Ses préoccupations, la manière dont les biais des regards qu’elle porte sur le monde des adultes sonnent juste valent un bain d’enfance retrouvée. Ses préoccupations, par ailleurs, ne sont pas toutes de son âge. Ce père qui l’adore, pratique l’aimantation affective en même temps que ses bordées ravageuses intriguent, est atteint d’un mal mortel. À plusieurs reprises le vent tempétueux se substituera au souffle qui lui manque. Luisa seule partage ce secret, bien trop lourd pour ses petites épaules. Elle ne savait pas que mourir et disparaître, ça veut dire la même chose. Elle ne connaît rien des épreuves de l’exil, des douleurs de l’éloignement. Rien non plus de ces écartèlements entre deux cultures quand on ne sait ni lire ni écrire dans la langue du pays d’arrivée, des déchirements entre retours ou nouveaux départs. Alors elle fait ce que font les enfants. Elle invente, concilie les signes afin de bâtir des cohérences devant l’impensable. Elle s’invente à l’école de la République où l’on entendra un texte de Blaise Cendrars, poète voyageur. Contre la trame tragique, une palette nuancée détoure pointes de tendresse ou de violence, les vérités qui affleurent ont goût d’amandes, subtil et vert sous les langues. L'Humanité
    Au Cinéma Bel Air de Mulhouse :
    dim 04/03 à 17h45
    lun 05/03 à 20h + rencontre avec Cristina Pinheiro, réalisatrice

    A l'Espace Grün de Cernay :
    jeu 08/03 à 14h
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