Festival Les petites bobines, festival de films européens jeune public, du 24 février au 11 mars 2018

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    Les petites bobines : De l'écrit à l'écran

    persépolis

    de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
    Animation - France - 2007 - 1h35

    A Téhéran, en 1978, Marjane, 8 ans, vit dans une famille aux opinions libérales. Très proche de sa grand-mère, elle tente de comprendre les événements et suit la révolution islamique qui se termine par la chute du régime du Chah. Tout change pour elle et pour sa famille : les commissaires de la révolution contrôlent les codes vestimentaires et établissent une liste des comportements autorisés...

    Prix du jury à Cannes, un petit bijou drôle et sensible, visuellement très abouti. Une œuvre profondément originale, universelle et humaniste, dans la lignée des grands maîtres iraniens.
    Adaptation de la bande dessinée éponyme de Marjane Satrapi, le film évoque l’histoire récente de l’Iran à travers les yeux de Marjane elle-même, qui puise dans sa vie pour évoquer l’amour de son pays et des Iraniens. Se concentrant sur quelques membres de sa famille et, plus encore, son propre ressenti, la jeune femme, associée à Vincent Paronnaud, n’en livre pas moins une œuvre intemporelle et universelle.
    Dans l’évocation d’un régime dictatorial d’abord. Pas de doute, on ne peut que reconnaître l’Iran, les femmes contraintes de sortir voilées, la menace permanente de l’Etat, représentée par les gardiens de la Révolution... Pourtant, on sent que c’est aussi bien dans l’Italie fasciste que dans l’actuelle Chine que des événements semblables pourraient se dérouler.
    Universalité visuelle également car si Marjane Satrapi possède un coup de crayon bien à elle, très expressif, elle puise à toutes sortes de sources pour alimenter son graphisme. L’expressionnisme de Munch, Otto Dix et, de manière plus diffuse, Murnau, est convié, on croit déceler des références aux estampes japonaises quand la manière de croquer les scènes rappelle le néoréalisme italien ... Universalité de l’œuvre donc.
    Ce qui n’empêche nullement l’évocation tout en finesse, extrêmement sensible, mais sans sentimentalisme, des difficultés qui la touchent au plus près (la répression, la guerre, la séparation d’avec les êtres les plus chers, la dépression et plus tard, les douleurs provoquées par l’exil, filigrane du récit). Emotions réelles et fortes (on retient bien souvent ses larmes), mais toujours désamorcées par un solide sens de l’humour, tant dans les situations que dans la peinture de personnages extrêmement attachants et au caractère bien trempé (et idéalement doublés). Qui nous invitent à élargir notre regard sur un peuple trop longtemps ignoré et méprisé, à force de recourir à ce qui nourrit les dictatures : la généralisation qui découle de l’ignorance.
    Subjectif et universel, sensible et profond, d’une grande force et ouvrant de multiples pistes, Persepolis fait sans cesse le pari de l’intelligence et de la dignité. Gagné, haut la main ! Avoir-alire
    Au Cinéma Bel Air de Mulhouse :
    dim 25/02 à 15h
    + rencontre avec Boris Henry, intervenant cinéma, sur l’adaptation de la bande-dessinée en film d’animation
    ⇒ afficher tous les films

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