Festival Les petites bobines, festival de films européens jeune public, du 24 février au 11 mars 2018

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    Les petites bobines

    Les aventures de Pinocchio

    de Luigi Comencini avec Andrea Balestri, Nino Manfredi, Gina Lollobrigida
    Comédie dramatique - Italie - 1957 (version restaurée) - VF / VOST - 2h15

    Gepetto est un menuisier toscan sans le sou. Afin de combler sa solitude, il décide de se fabriquer un pantin de bois, qu’il prénomme Pinocchio. Son ouvrage terminé, pour oublier la faim qui le tenaille, il va se coucher. Dans la nuit glaciale, la fée Turquoise anime la marionnette qui se comporte dès lors comme un petit garçon de chair et de sang, à la grande joie de Gepetto, qui a toujours rêvé d’avoir un fils. Mais Pinocchio se révèle être turbulent. Il fait l’école buissonnière et disparaît bientôt avec un directeur de cirque et son théâtre ambulant de marionnettes. Désespéré, le pauvre Gepetto se lance à sa recherche. Commencent alors des aventures rocambolesques…

    Un film magique, féérique et au charme fou. Merveilleux dans tous les sens du terme.
    Luigi Comencini s’est déjà taillé une solide réputation de cinéaste sensible, particulièrement à l’aise dans la description de l’enfance grâce à deux oeuvres majeures - L’incompris (1967) et Casanova, un adolescent à Venise (1969) - lorsqu’il se lance dans un projet très ambitieux : l’adaptation du conte pour enfant de Carlo Collodi intitulé Pinocchio. Cette commande émane en réalité de la RAI, chaîne de télévision italienne qui compte projeter ce feuilleton en cinq épisodes d’une heure chacun. Devant l’impressionnant succès remporté par la diffusion de ce long téléfilm, les producteurs demandent à Comencini de réaliser des coupes pour en faire un long métrage de cinéma. C’est cette version de plus de deux heures que nous avons vue, ce qui implique quelques défauts au niveau de la construction, forcément moins équilibrée que dans la version intégrale de cinq heures.
    Malgré ces quelques réserves, le métrage reste de loin le plus beau témoignage du talent d’un cinéaste alors au sommet de sa créativité. Le scénario de Suso Cecchi d’Amico réorganise le conte de Collodi et le modifie sensiblement, atténuant notamment tout le côté moralisateur. Ainsi, le petit Pinocchio devient un véritable garnement, méfiant envers les institutions et ayant un comportement volontairement anarchique. Prenant systématiquement la mauvaise décision, il ose défier les autorités avec une bonne humeur communicative. On sent bien que Comencini se retrouve dans l’état d’esprit frondeur de ce gamin en butte à une société traditionnelle trop contraignante.
    Ce sentiment de douce dissidence donne un charme particulier à cette œuvre féérique où les gens peuvent être avalés par des baleines ou sauvés par des fées. Le caractère rudimentaire des effets spéciaux donne un charme fou à cette luxueuse production, le réalisateur mettant volontairement en avant le caractère poétique de la situation au détriment de la sacro-sainte efficacité visuelle : la baleine est bien en carton-pâte tandis que le pantin s’anime telle une marionnette - et l’on reste émerveillé par tant d’ingéniosité. Enfin, Les aventures de Pinocchio est porté par une interprétation tout en nuances de Nino Manfredi, admirable Geppetto et par la fraîcheur et l’espièglerie du jeune Andrea Balestri. Du coup, l’émotion s’immisce à chaque plan, faisant de cette version du conte la plus belle et la plus poétique de toutes. Avoir-Alire
    Au Cinéma Bel Air de Mulhouse :
    mar 06/03 à 15h45 VF
    dim 11/03 à 18h VOST

    Salle Gérard Philipe de Wittenheim :
    mer 07/03 à 14h30
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